Terre de liens, l’asso qui fait pousser des fermes

En France, explique le site Terre de liens, les prix de la terre ont bondi de presque 40 % en dix ans, obligeant les jeunes agriculteurs à s’endetter à vie pour acheter leurs parcelles.

L’association permet aux citoyens de devenir actionnaire d’une ferme en plaçant leur épargne dans la Foncière Terre de liens. Une fois son projet aboutit l’agriculteur sera alors locataire de sa ferme.

Pour récolter des fonds, acheter des terres et les louer ensuite à des agriculteurs, l’association dispose de deux principaux outils : la Fondation et la Foncière.

La Fondation, reconnue d’utilité publique, est habilitée à recevoir des legs et donations de fermes. La Foncière, quant à elle permet aux particuliers comme vous et moi d’acheter des actions au prix de 103 euros. Si les parts ne prennent pas de valeur, elles suivent néanmoins le cours de l’inflation et permettent de bénéficier d’avantages fiscaux, la Foncière étant reconnue entreprise sociale et solidaire (réduction de l’impôt sur le revenu de 18% de la moitié du montant souscrit notamment).

Terre de liens c’est 240 administrateurs bénévoles, 2 800 donateurs, 60 salariés et 147 fermiers. 12 000 actionnaires composent aujourd’hui Terre de Liens, séduits par le projet qui va bien au-delà du simple rachat de parcelles agricoles. « Les terres acquises par Terre de Liens n’ont pas pour seul objet d’être « conservées » ou protégées, précise l’association. Elles retrouvent une utilité sociale et économique, prennent leur place au sein d’un territoire et génèrent des dynamiques humaines et du lien social. »

Évidemment, un certain type d’exploitation est privilégié. On soutiendra plus facilement celles qui pratiquent l’agriculture biologique ou paysanne, à taille humaine, aux activités agricoles diversifiées, celles qui s’intègrent dans le paysage et choisissent la commercialisation de proximité… Mais il ne s’agit pas pour autant de ne financer que des fermes du Larzac. « On a du mal à s’implanter dans les zones à forte production, confie René Becker. On a plus de projets dans les zones de déprise. Mais lorsque l’on arrive à acheter là où il y a de la forte productivité céréalière, comme sur la plaine de la Limagne (63), c’est une victoire pour nous.»

Ainsi, depuis 12 ans, Terre de Liens installe des maraîchers, des paysans-boulangers, des éleveurs de races anciennes, pour expérimenter des fermes urbaines, des projets collectifs. Sur une parcelle, peuvent se succéder plusieurs porteurs de projet. « Ce qui est bien avec Terre de Liens, s’enthousiasme le fermier Pierre Blondiaux une fourche à la main,  c’est qu’on reste dans l’idée des sans-terres. Parce qu’au fond, la terre, elle ne nous appartient pas. Terre de Liens en est le propriétaire et la retransmet à d’autres jeunes qui voudront prendre la suite. Ca permet de ne pas capitaliser sur la terre, de ne pas faire de fric dessus. »

Avec 2 485 hectares soustraits à la spéculation, le combat pour le maintien d’une agriculture familiale est-il en passe d’être gagné ?  « Terre de Liens c’est une sorte de laboratoire pour montrer comment la société civile gère autrement la terre, comme un bien commun, explique Sjoerd Wartena son co-fondateur. C’est nouveau, ça n’existait pas. Alors on se trompe, on s’améliore mais dans 20 ou 30 ans si on est toujours là mais que rien n’a changé au niveau des politiques, on pourra dire qu’on aura fait un effort mais pas qu’on a pas réussi. »

« En créant la Fondation, on a souhaité placer l’action de Terre de Liens sur le long terme, une fondation c’est pour l’éternité, poursuit Jérôme Deconinck, directeur de la Fondation. En 10 ans, on a acheté 100 fermes, il en disparait 200 par semaine. L’action de Terre de Liens permet de montrer que cela est possible mais si l’on veut que ça bouge, il faut sortir du champ militant. Il faut aussi que le monde économique s’empare de cette question et s’investisse. »

Une plateforme en ligne est mise à disposition sur le site du mouvement, pour consulter les annonces ou en déposer, pour offrir ou trouver des terres mais aussi pour trouver des associés ou rejoindre des projets déjà en route.

Reportage de 3 minutes par Le Monde.

Le film « la terre, bien commun » explique à travers la parole de fermiers, de bénévoles ou de salariés l’action de Terre de Liens.

La production du prochain film « Changement de propriétaire » a réussi sa campagne de financement participatif en mai 2015.

terre de liens une richesse à cultiver
Conseil admisnistration Terre de liens
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Xavier Raimbault
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